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LES DIATOS DE LA CAMBUSE

Mon voisin (11.3) suite

19 Décembre 2011 , Rédigé par les gaillards Publié dans #LECTURES MARINES

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De temps en temps le carillon de l’église sonnait, mon maître ne revint qu’en fin de journée et nous rentrâmes tranquillement vers la ferme. Il fit une halte pour boire un verre et prendre des victuailles. Le travail ne semblait pas difficile. Jour après jour et parcelle après parcelle j’ai retourné la terre, buté les pommes de terre, hersé les terrains sableux pour les carottes.

Ensuite arrivait le travail le plus difficile de l’ile, je devais descendre sur la plage avec la remorque a goémon, la les hommes et les femmes du village, entassaient les algues  qui s’étaient décrochées des rochers et que la marée  abandonnait sur le sable.

Le midi quand la carriole était remplie à ras bord, je devais, par un violent effort, la remonter de la grève a la dune. Mes sabots ripaient et s’enfonçaient dans le sable.les roues  se coinçaient dans les roches et les galets.

 Mon maitre tirait sur mon harnais, me motivant a grand coup de jurons, les femmes poussaient  a l’arrière, et désensablaient les roues ,après dix bonnes minutes  d’efforts, arrivé sur la dune lui et moi exténués , nous soufflions et reprenions de l’air a pleins poumons , lui s’adossant a moi , je sentais sa tension a travers son corps sur ma peau.

Ensuite nous versions le contenu sur le sol, les femmes étalaient le goémon pour le sécher, celui-ci était durant l’été érigé en motte haute de 2 mètres. En fin d’hiver ce fertilisant serait broyé et rependu sur les champs. C’est ce gout que l’on retrouve dans les pommes de terre nouvelles de l’ile de BATZ ;

L’après midi nous redescendions  a la plage pour remplir une seconde charretée. Ce travail durait dix jours, deux semaines à souffrir et à forcer.

Je savais aussi qu’ensuite je serai mis au repos pendant une grande période

Les travaux du printemps se terminaient, on me plaça face à la mer .ma longe attaché au sabot,

  La, a longueur de journée, je me nourrissais, humais l’air et surtout je regardais passer les touristes qui visitaient  l’île .Je me faisait photographier sous toutes les coutures, de l’aube a la tombée de la nuit. Face a la mer, dans le soleil couchant, en train de manger une carotte. Cela ne me dérangeait pas et je prenais un certain plaisir à  me tourner et présenter mes fesses quand les photographes amateurs réglaient leurs appareils. Certaines fois je mâchais les selles des vélos posés à proximité de mon aire de repos, Il y avait dans le caoutchouc un goût bizarre et délicieux. Les touristes pestaient contre moi mais souvent, souriaient de leurs mésaventures. Quels souvenirs ils pourraient raconter !!

 

De temps en temps, les chevaux de la ferme équestre passaient sur ma dune, je regardais les belles juments. Fines et élancées, elles tournaient la tête vers moi et quelquefois nous broutions ensemble quand les cavaliers avaient mis pieds à terre pour regarder le paysage. Puis quand le groupe de cavaliers quittait le sentier elles s’ébrouaient  pour le dire au revoir.

Je sais qu’elles retournaient sur le continent a la fin de l’été  me laissant sur l’île.

((A SUIVRE))

 

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