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LES DIATOS DE LA CAMBUSE

Mon voisin (9).4

11 Avril 2011 , Rédigé par les gaillards Publié dans #organisation

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Il a dormi pendant  une journée entière, la faim et la fraîcheur du matin l’ont réveillé.

Il a mangé deux bananes et quelques victuailles qu’il gardait dans son sac.

 

Il  a regardé sa carte, il n’arrivait pas à se situer, il décida de rejoindre le village sur la colline voisine. Après un premier embranchement, la route s’élargissait. Au loin, il lui semblait apercevoir un lac, comme celui de son enfance à MWEVU.

Sans doute absorbé par ses pensées, il n’a pas entendu arriver le pick-up. Surpris il s’est jeté dans le fossé .La camionnette a freiné et un gros homme en est sorti en criant « moros moros » puis « no problemo money.money money »

Alors il est sorti  du taillis, s’est brossé et a regardé  l’homme qui  l’attendait adossé au capot. Il lui a fait avec son pouce et son index le signe argent . Il lui a répété deux ou trois fois « no policia » et « trabajo si  " 

Il lui a indiqué l’arrière du pick up. Notre homme a dit OK ils se sont serrés la main et il a grimpé dans la camionnette. En ouvrant la bâche, il a vu  trois autres hommes, deux marocains et un homme de couleur .Les marocains parlaient français, ils lui dirent qu’eux étaient déjà en Espagne depuis un mois,et que  à peine débarqués la police les avait attrapés sur la plage et mis en centre de rétention. En quittant le centre, ils avaient quarante jours pour partir ailleurs, sinon si la police les rattrapait et ils seraient renvoyés au Maroc.

Le voyage dura presque toute le matinée, la camionnette stoppa deux fois, le gros homme leur offrit café et gâteaux. Ils purent aussi se dégourdir les jambes. Notre trompettiste se rendit compte alors que ce qu’il avait cru être un lac était en fin de compte une étendue de terre couverte de plastique. Le vent se prenant par dessous les supports donnait l’impression de faire des vagues.

La camionnette se rangea sur le rond point  .L ‘homme qui avait conduit les quatre clandestins discutait  avec une femme à l’arrière du camion. Il leva la bâche, la femme mit sa tête à l’intérieur du coffre, examina les hommes et reprit la discussion avec le chauffeur.

Cinq minutes plus tard, les quatre  hommes se rangèrent avec  une douzaine de semblables dans la remorque d’un tracteur.

La femme démarra son tracteur et le groupe se dirigea vers les innombrables serres qui bordaient la route. A chaque croisement  il y avait une petite construction de parpaings, ressemblant à nos arrêt de bus. Sur les murs chaulés ou peints en blanc, notre  musicien pouvait lire « plasticos »  suivi d’un chiffre et le sigle euros.

Le convoi s’arrêta dans une petite cour, la femme fit descendre les hommes .Elle parlait en français et leur indiqua une cabane en tôle, chacun choisit un bleu de travail, une casquette, et un foulard .Elle leur annonça que le chiffre peint sur le mur était leur salaire journalier, elle fournissait le repas du matin, le repas du soir et un lieu pour dormir, les hommes se retournèrent et lurent vingt huit euros Elle attendit quelques secondes et voyant qu’ils restaient sur place dit « bueno paiement tous les samedi soir ici »

Elle les accompagna jusqu'à un abri fait de tiges de fer et couvert de plastique, à l’intérieur il y avait  3 chambres de  deux places, et une espèce de pièce avec une table et un réchaud. Elle annonça que c’était là qu’ils seraient logés.

Le chef d’équipe les rassembla une heure plus tard, et leur montra le travail dans les serres .Il se renseigna auprès de ses  quatre ouvriers, seul notre trompettiste savait lire et écrire, et encore mieux il connaissait l’anglais. Il fut donc affecté à la préparation des produits de traitement et engrais. A suivre….

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